De l’archéozoologie, son premier métier, Fred VARGAS est passée à l’archéologie des mots et des expressions françaises. Elle s'est penchée également dans Une unique lueur à l’étude et au décryptage des poèmes, effectuant une analyse lexicale d’El Desdichado de Gérard de Nerval.
Car le langage s’apparente aussi à une arme. Le commissaire Adamsberg va s’en servir, à sa manière, pour tenter de résoudre des crimes perpétrés envers des jeunes femmes dont les corps sont retrouvés dans les rues parisiennes. Mais cette arme s’avère complexe à manier. Les doubles sens, l’ordre ou le désordre des mots tels qu’ils viennent à l’esprit toujours embrumé du commissaire peuvent s’avérer des pièges ou des puits sans fond.
Pour parvenir à mieux maîtriser cet instrument d'apparence si pacifique, Adamsberg ira jusqu’au recours à l’écriture automatique des surréalistes et à l’introduction de nouveaux sens à certains verbes, comme celui de « jonctionner ».
Comme de coutume le lecteur n’aura que le choix de suivre Adamsberg dans ses réflexions erratiques, parsemées d’ancolies et de choux blancs.
Dans cette enquête ébouriffante aux multiples rebondissements, difficile de trouver le coupable avant lui.
Notice de l’éditeur
— Vous avez regardé les photos, Danglard ?
De la scène du crime ? demanda Adamsberg.
— Cela va de soi.
— Et donc ? Cela vous dit quelque chose ? Parce qu’à moi, oui.
— Tiens. Et cela vous raconte quoi ?
— Mais justement, rien. C’est quelque chose que je ne sais pas alors que cela me dit quelque chose. Donc ?
— Aucune idée.
— Faites un effort, nom d’un chien.
— Désolé, commissaire, dit Danglard avec une pointe d’indifférence.
— Bien. Réunion plénière dans quinze minutes. Il nous faut comprendre.
— Comprendre quoi ?
— Mais le quelque chose, commandant. On commence par là.